Pourquoi certaines réponses apparaissent plus facilement en marchant ?
Il nous est tous arrivé de trouver une solution à un problème alors que nous avions arrêté de la chercher.
Après des heures de réflexion, d’analyse ou de questionnements, une réponse semble émerger au détour d’une promenade, d’une randonnée ou simplement en marchant.
Cette sensation est souvent décrite comme une intuition ou une prise de conscience soudaine.
Pourtant, les recherches en psychologie et en neurosciences montrent que ce phénomène n’a rien d’anodin.
Depuis plusieurs années, les scientifiques s’intéressent aux effets de la marche sur le cerveau, les émotions et les capacités cognitives. Les résultats suggèrent que marcher influence notre manière de penser, notre niveau de stress et notre capacité à prendre du recul.
Alors pourquoi certaines réponses semblent-elles apparaître plus facilement lorsque nous sommes en mouvement ?
La marche réduit la charge mentale
Notre cerveau traite en permanence une quantité considérable d’informations.
Entre les obligations professionnelles, les responsabilités familiales, les sollicitations numériques et les préoccupations personnelles, notre attention est continuellement mobilisée.
À force, cette surcharge cognitive peut donner la sensation de tourner en boucle sur les mêmes problématiques sans parvenir à trouver une solution satisfaisante.
La marche agit alors comme une forme de pause mentale.
L’attention n’est plus uniquement dirigée vers le problème. Une partie des ressources cognitives est mobilisée par le mouvement, l’environnement, les sensations corporelles ou la respiration.
Cette redistribution de l’attention favorise souvent une prise de distance avec les préoccupations du moment.
Lorsque la pression diminue, il devient plus facile de regarder une situation sous un autre angle.
Marcher stimule la créativité
L’une des études les plus connues sur le sujet a été menée par les chercheurs Marily Oppezzo et Daniel Schwartz de l’Université Stanford.
Publiée en 2014 dans le Journal of Experimental Psychology, elle montre que les participants obtenaient de meilleurs résultats dans les exercices de pensée créative lorsqu’ils marchaient que lorsqu’ils restaient assis.
Les chercheurs ont observé une augmentation moyenne significative de la production d’idées nouvelles pendant la marche et immédiatement après celle-ci.
Ces résultats sont particulièrement intéressants lorsque l’on traverse une période de transition ou de questionnement.
Dans ces moments-là, le problème n’est pas toujours un manque de réflexion.
C’est parfois l’inverse.
Nous analysons tellement une situation que nous finissons par tourner en rond.
La marche semble alors favoriser l’émergence de nouvelles perspectives et de nouvelles associations d’idées.
Le contact avec la nature favorise la récupération mentale
Les bénéfices semblent encore plus importants lorsque la marche se déroule dans un environnement naturel.
En 2008, le psychologue Marc Berman et son équipe ont montré qu’une promenade dans la nature améliorait certaines capacités de mémoire et d’attention par rapport à une promenade réalisée dans un environnement urbain.
Ces travaux s’appuient notamment sur la théorie de la restauration de l’attention développée par Rachel et Stephen Kaplan.
Selon cette théorie, notre capacité d’attention est une ressource limitée. Lorsqu’elle est sollicitée en permanence, elle finit par s’épuiser.
Les environnements naturels permettraient au cerveau de récupérer plus efficacement grâce à des stimuli plus doux et moins exigeants que ceux rencontrés dans la vie quotidienne.
Autrement dit, marcher dans la nature ne permet pas seulement de prendre l’air.
Cela contribue également à restaurer certaines ressources mentales indispensables à la réflexion et à la prise de décision.
Le mouvement influence également nos émotions
Nous avons souvent tendance à séparer le corps et les émotions.
Pourtant, les recherches actuelles montrent que les deux sont étroitement liés.
Lorsque nous sommes stressés, anxieux ou préoccupés, notre corps réagit immédiatement : tensions musculaires, respiration plus courte, fatigue, agitation ou au contraire immobilité.
À l’inverse, remettre le corps en mouvement peut influencer positivement notre état émotionnel.
Une importante méta-analyse publiée en 2023 dans le British Journal of Sports Medicine conclut que l’activité physique est associée à une diminution significative des symptômes d’anxiété, de dépression et de détresse psychologique.
La marche ne remplace évidemment pas un accompagnement adapté lorsque cela est nécessaire.
En revanche, elle constitue un levier simple et accessible pour favoriser la régulation émotionnelle.
Pourquoi certaines marches deviennent-elles transformatrices ?
Si certaines personnes décrivent un chemin, une randonnée ou un pèlerinage comme une expérience de transformation, ce n’est probablement pas uniquement en raison de l’effort physique.
Plusieurs facteurs se combinent :
- la diminution des sollicitations extérieures ;
- le ralentissement du rythme quotidien ;
- le mouvement régulier du corps ;
- le contact avec la nature ;
- le temps consacré à la réflexion ;
- l’éloignement temporaire des habitudes et des contraintes habituelles.
Cette combinaison crée un contexte particulièrement favorable aux prises de conscience.
Certaines personnes réalisent qu’elles sont épuisées.
D’autres prennent conscience d’un besoin qu’elles n’écoutaient plus.
D’autres encore retrouvent une clarté qu’elles avaient perdue depuis longtemps.
La marche n’apporte pas de réponses toutes faites.
Elle ne résout pas les difficultés à notre place.
Mais elle semble créer un espace propice à l’émergence de nouvelles perspect
Ce que j’observe dans mes accompagnements
Les études permettent de comprendre certains mécanismes, mais elles ne remplacent pas l’observation du terrain.
Dans mes accompagnements, notamment lors des marches en extérieur ou sur le chemin de Compostelle, j’observe régulièrement un phénomène récurrent.
Les personnes arrivent souvent avec beaucoup de questions et peu de réponses.
Elles ont déjà réfléchi à leur situation pendant des semaines, parfois des mois.
Elles ont analysé les différentes options, cherché à comprendre ce qui les bloque ou ce qu’elles devraient faire.
Pourtant, les prises de conscience apparaissent rarement pendant les phases de réflexion intense.
Elles émergent souvent après plusieurs heures de marche, lorsque le rythme ralentit et que l’attention n’est plus uniquement focalisée sur le problème.
Certaines personnes prennent conscience d’un besoin qu’elles avaient mis de côté depuis longtemps. D’autres réalisent qu’elles cherchent à changer d’environnement alors que c’est une limite qu’elles ont besoin de poser. D’autres encore retrouvent simplement de la clarté sur ce qui est important pour elles.
Bien sûr, la marche n’est pas une solution miracle.
Mais elle semble créer un contexte particulièrement favorable pour prendre du recul, sortir des automatismes et regarder une situation avec un regard neuf.
Et si le mouvement permettait simplement de mieux s’écouter ?
Nous cherchons souvent les réponses en réfléchissant davantage.
Pourtant, les recherches montrent que notre cerveau fonctionne parfois mieux lorsque nous sortons momentanément de cette logique.
Marcher réduit la charge mentale, stimule la créativité, favorise la récupération cognitive et participe à une meilleure régulation émotionnelle.
Peut-être est-ce pour cette raison que certaines réponses apparaissent plus facilement lorsque nous avançons.
Non pas parce que le chemin détient la solution.
Mais parce qu’il nous offre enfin l’espace nécessaire pour l’entendre.
Délizia Grelot – DEL Coaching
Coache professionnelle certifiée, consultante en bilan de compétences et énergéticienne.
Spécialisée en gestion émotionnelle, hypersensibilité et transitions professionnelles.
Deviens émotionnellement libre.
Sources
- Oppezzo, M., & Schwartz, D. L. (2014). Give Your Ideas Some Legs: The Positive Effect of Walking on Creative Thinking. Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition.
- Berman, M. G., Jonides, J., & Kaplan, S. (2008). The Cognitive Benefits of Interacting With Nature. Psychological Science.
- Kaplan, R., & Kaplan, S. (1989). The Experience of Nature: A Psychological Perspective.
- Singh, B. et al. (2023). Effectiveness of physical activity interventions for improving depression, anxiety and distress. British Journal of Sports Medicine.
